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HISTORIQUE


Située à proximité des trois hauts lieux de l’est parisien que sont les places de la Bastille, de la Nation et de la République, l’église Saint Ambroise est dédiée au saint évêque de Milan et docteur de l’Église qui baptisa le futur Saint Augustin en 387.

Réalisation monumentale du Second Empire, contemporaine de percement du boulevard du Prince Eugène (aujourd’hui Bd. Voltaire) et très reconnaissable à ses clochers jumeaux hauts de 68 mètres, l’église actuelle a été construite entre 1863 et 1869, sur l’emplacement d’un ancien couvent d'Annonciades – ordre féminin fondé en 1500 par Ste Jeanne de France, fille du roi Louis XI ; elle remplaça une chapelle devenue trop petite par suite de l’expansion démographique du quartier Popincourt.

L’architecte Théodore Ballu, à qui l’on doit aussi les églises Ste Clotilde et de la Trinité, n’hésita pas à faire appel aux techniques « modernes » : en intégrant dans les combles des ossatures métalliques, il put élargir la nef et alléger les parties hautes. Autre innovation : il calcula les dimensions de l’édifice de sorte que le volume intérieur (25 000 m3) permette d’accueillir 2 500 personnes dans des conditions d’hygiène optimales.

Selon l’usage de l’époque, Th. Ballu juxtaposa des citations architecturales d’origine diverse : les arcs en plein cintre utilisés dans les parties basses sont de style roman ; les trois immenses rosaces, qui illustrent le mystère de la Sainte Trinité – Dieu le Père au nord, le Fils au sud, le Saint Esprit à l’ouest – s’inspirent de grandes œuvres gothiques ; le ciborium est une évocation de l’édifice « byzantin » qui coiffe l’autel dans l’église St Ambroise à Milan, tandis que le lustre central copie la « couronne de lumière » placée au dessus du tombeau de Charlemagne à Aix-la-Chapelle. L’ensemble ne manque néanmoins pas de grandeur.

Le 29 avril 1869, l’archevêque de Paris, Mgr Darboy, bénit les cloches en présence de l’Empereur et de l’Impératrice Eugénie, marraine de l’une d’entre elles.

La statue de Sainte Jeanne de France en marbre blanc, par Louis Noël, qui orne le pilier gauche du chœur date de 1920 ; depuis 1980, un Saint Ambroise, par Gérard Vincent, lui fait pendant à droite.

Aujourd’hui, dans un quartier où les très nombreux ateliers du début du XX° siècle ont progressivement cédé la place aux immeubles d’habitation et aux commerces de textile en gros, l’église Saint Ambroise est le cœur d’une paroisse active et dynamique, qui témoigne de la vitalité d’une présence chrétienne vieille de six siècles.